J'avais était élevé pour ce seul objectif, la taille de mon cerveau me dénoncait. J'étais maintenant adulte, après plusieurs années d'apprentissage, il me fallait démontrer mon étude et la présentation de mes recherches me permettrait d'accéder au statut de tête chercheuse.
Je ne pouvais échouer, c'était purement mathématique.
"Grâce à nos appareils de mesures perfectionnés permettant d'observer les humains sans qu'ils le sachent, j'ai pu étudier avec une grande précision le comportement de cette espèce surprenante. J'ai particulièrement tenu à examiner cette espèce intergalactique bien que nos études sur ce sujet soit déjà assez appronfondies.
Simplement, après quelques calculs, j'en suis venue au fait que l'espèce humaine est une des rares espèces dominatrices qui connaît actuellement un nombre de représentant vivant aussi important que celui estimé d'êtres décédés. Même notre colonie ne peut se féliciter d'avoir atteint ce stade.
Ce phénomène étrange que nous avons d'abord considéré comme le signe d'une intelligence inférieure pourrait trouver sa source dans un autre domaine. Il est probable qu'en se rapprochant de cette espèce, en étudiant son comportement, nous soyons plus apte à comprendre ces faits.
Comme nous le savons, l'évolution humaine a suivit un chemin classique.
D'abord à l'état primitif, pour découvrir l'utilité des armes façonnées et du feu, la séléction naturelle des sous-espèces les caractérisant par des capacités mentales plus élevées, l'humain arrive aujourd'hui à une époque où il dispose d'une science et de connaissances moyennes. Tout ce passage n'a rien d'exceptionnel.
Mais là où le problème se pose, c'est qu'il semble que la richesse de ses facultés et des ses dispositions matérielles ne soient pas utilisées pour résoudre les problèmes qui touchent son espèce. De plus, il est le seul qui dénote une évolution remplit de contradictions au cours de son histoire.
Il est très difficile de comprendre la raison de ces contradictions.
En effet, on remarque que certaine classes d'humains semblent avoir plus que ce qu'ils ont besoins et un très grand nombre d'autres ne disposent de rien.
Il pourrait s'agir d'une hièrarchie plus ou moins semblable à la notre, comme le suggère mes prédecesseurs. Avec des êtres dominants d'autres êtres qui sont nécessaires à la prosperité de la colonie.
Mais là où la théorie s'effondre, c'est qu'on observe une instabilité des mises en places de hiérarchie au cours de l'histoire. De plus, après plusieurs études prévisionelles, on découvre que les modèles de sociétés des humains ne sont pas viables, même pour les classes élites.
Les phénomènes en causes semblent provenir du comportement personnel de l'humain.
Contrairement à ce que nous croyons, il n'est pas conscient de vivre pour la postérité de son espèce mais pour son propre bonheur.
C'est cette caractéristique qui en fait une espèce exceptionelle. Le pouvoir individuel n'est présent dans aucune société connue à ce jour et il semble faire une apparition dans les systèmes de vies des humains. Ce pouvoir serait aussi la source de fragilité de l'évolution humaine. Les individus étant moins contrôlés, il serait moins facile de les regrouper autour d'une même conscience pour faire demeurer l'espèce.
On pourrait donc supposer que c'est à ce niveau là que s'arrête l'intelligence humaine.
Mais en ayant suivi mes études sur leur comportement, j'ai remarqué un étonnante corrélation. Les humains heureux que j'ai pu étudier sont plus performants dans la découverte de nouvelles sciences, dans l'apprentissage des connaissances et dans l'aide à d'autres êtres vivants. Et en effectuant des hypothèses, ceci tendent à instaurer un climat meilleur pour la postérité de leur espèce. Il paraît donc évident que l'existence de bonheur individuel serait plus profitable à l'espèce humaine que l'exercice d'une autorité supérieure.
Cette hypothèse contredirait tous les modèles de sociétés d'espèces dominatrices.
L'humain aurait donc lui-même inventé un nouveau mode de civilisation dont il serait inconscient à ce jour.
Et c'est ce que je vous invite à découvrir si vous m'accordez le temps d'étudier les comportements humains plus en détails."
Un camarade supérieur n'attendit pas pour me communiquer ses pensées :
" - Votre étude jusque là très complète ne semble pas nous paraître assez intéressante pour la continuer. Nous rapellons que nos recherches doivent permettre l'évolution de notre espèce. Et comme vous l'avez si bien dit, les humains sont une espèce moyennement intelligente et très peu évolué par rapport à notre société. Rien ne peut nous pousser à s'intéresser à eux, ni mêmes leur milieu de vie dont cette espèce illogique a commencée la destruction. Parmis tout ce que vous avez décrit, je ne vois rien qui pourrait nou ouvrir de nouvelles perspectives. A notre échelle, c'est une société primitive, et par principe, il ne peuvent ainsi rien nous apporter, même si, comme vous le dites, ils ont trouvé un moyen de déculper leurs capacités, cela n'a pour ainsi dire pas encore fait ses preuves chez eux.
Vous nous mettez dans l'obligation de vous suspendre de vos fonctions."
S'approchant de moi, il me déchargea une onde éléctrique dans le corps qui s'immisca lentement, paralisant mes organes petit à petit.
Je le comprenais, il y avait la règle : pas de charges inutiles pour la colonie, je finirait par nourrir les larves. Je me sentais partir en repensant à ceux qui avaient fait l'objet de mon étude, ne se doutant de rien.
A leur contact, j'avais senti une étincelle, une faible lueur, dans tous ces gestes que je n'avais pas compris, il me manquait un indice me permettant d'identifier ce qui pouvaient être le but de leur vie.
Si ce n'était pas pour faire évoluer l'espèce, que serait-ce ?
Et je me rapellais, ces instants de vie incompréhensible ; de l'eau qui coulait de leur corps, même quand il n'y avait ni vent, ni effort, d'où venais-ce ?
Et ce geste, à quoi servait-il ? Ni à séduire, ni à menacer. Un faible mouvement sur leurs lèvres, leur faisant plier les yeux... Ne saurais-je jamais ?
Un dernier instant, sentant mon âme s'envolée, je me remit à penser...
Si j'avais pu être humain...
DÉCONNECTÉ DÉCONNECTÉ DÉCONNECTÉ DÉCONNECTÉ