Epeire

Juste un petit texte en l'honneur de mon frère (et de tous les autres grimpeurs aussi !), pour vous prouver qu'escalade et poésie, ca rime quand même un peu...



ARAIGNÉE


Un beau jour, une belle journée.
Un peu de voyage, un samedi d'été.
Une senteur reste ennivrée dans l'air.
Tu me dis rêver d'air...

Tu l'a apercu de loin, ta falaise,
Gorgée de soleil, elle te paraît braise.
Tu rêves déjà d'arriver au sommet,
A la recherche d'une limite à te confronter
Celle-ci est bien réelle, et jamais
Tu ne pourra lui échapper.

Je te regarde, je ne peux que t'observer.
Tu sembles tellement passionné,
Je n'oserai pas te couper ;
D'un si bel entrain, je te vois t'affairer.

Tu fabriques habilement de tes mains
L'unique qui me relit à toi, ce lien.
Confiant, tu sais que la clef, pour réussir,
N'est certainement pas de trop réfléchir.

Je te regarde, d'un air suspect
Inconscient petit jouet,
N'as tu pas peur de t'écraser ?
Menteur. Tu ne veux pas le montrer.

Nombreux sont ceux qui vous diraient inhumains
De vouloir imiter la tisseuse, petits malins...
L'ahuri ne ferait que de se demander ;
"Mais pourquoi continuer de grimper ?"
Il n'y a, je crois, qu'une seule volonté
Celle de vouloir créer
Une nouvelle espèce de vertébrés,
Repousser les limites que nous fixe la société,
Ne jamais faire comme il faudrait.

Je te regarde en l'air, le nez tiré,
Et j'avoue, je ne peut m'empêcher de t'admirer.
Alors que tu me fais frémir de froids mouvements
De te voir si confiant.

Indomptable sur ton fil,
Seul ton être dicte cette danse agile.
Parce que tu sais que dans l'infime geste
Se cache l'heureuse adresse,
Ton regard reste consciencieusement fixé
Sur les mouvements critiques que tu oses donner.
Pour chaque appui, ton pied devient main,
Tes caresses sur la roche ne font qu'un.
Tu te renverses, tu restes coincé.
Mais toujours tu saura te délivrer.
Et lorsque la prise t'abandonne,
Tu crois mourir mais aussitôt tu pardonnes,
Cette corde si bien tressée ne saurait
Jamais, te laisser tomber.

Tu me souris, de loin tu crie OK.
C'est à moi de jouer.
Ce geste si vital, est pourtant,
Pour toi, le plus évident.

Ta belle évolution si spontanée,
Qu'on aurait pu croire de notre nature, déroutée,
Nous semble alors incontestablement,
La seule activité, vraiment,
Qui respecte le corps dans toute son intégrité.
Tes muscles ne se sont jamais offensés.

A peine posé à terre,
Tu rêves déjà d'y retourner.
Pas assez de temps pour grimper,
Tu te plains de ca, sans arrêt.

Je ne peux refuser, je n'ai plus de raison.
Seule quelque chose que l'espèce a inventé,
L'angoisse d'être en haut, vertige d'un instant,
Qui bloque cette beauté de venir à moi, un moment.
Mais j'apprendrai, à la maitriser, cette peur si mal traitée,
Qui fait de nous des êtres compléxés.
Je forcerai la nature humaine,
Pour effondrer cette haine.

Petit retour vers le passé,
Jusqu'à mon cousin chimpanzé.

Je suis à terre,
Le nez en l'air.
Et reste à t'envier,
Si délicate araignée.

M.

Epeire

# Posté le samedi 02 février 2008 08:33

Modifié le dimanche 17 mai 2009 03:34

Mais qui de nous deux...

Mais qui de nous deux...
Ce n'est plus d'actualité, mais c'est beau, et c'est moi qui l'est écris, donc...



Je ne sais si c'est vrai,
Et tu doutes de la réalité...

Tu m'as aimé,
Je t'ai aimé,
On s'est perdu,
On s'est revu,
On ne sait plus.

Jamais, on a osé
Demander la vérité.
Mais notre amour si fragile,
Est déjà tremblant sur le fil.
Qui de nous deux ira le rattraper ?

Peut-être est-il déjà trop tard ?
Mais je ne veux pas y croire.
Il suffirait d'une si minime poussée,
Pour vaincre l'obstacle qui nous sépare à jamais...

J'ai essayé de t'apparaître et
J'ai compté nos entrevues esquivées,
Mais je n'ose pas faire le premier pas ;



Que dirais-tu après tout ca ?

Alors, comment te dire : "Je t'aime..." ?




# Posté le lundi 21 janvier 2008 12:08

Inconnu...

Inconnu...
" J'ai fait de ton nom un masque,


...et depuis que j'en ai déguisé mon coeur,


... ma vie est un carnaval."

# Posté le jeudi 17 janvier 2008 14:45

Modifié le dimanche 20 janvier 2008 16:10

Puissante solitude

Je ne veux pas de ce monde, de cette vie.

Je veux tout changer pour vivre mieux.

Pourquoi n'aurais-je pas le droit de vivre heureuse ?

Mais à qui ce monde plaît-il ?


L'on m'oblige à faire des choses qui ne me plaisent pas,
pour arriver à mon eldorado.

Pourquoi ne puis-je pas l'atteindre plus facilement ?

Cela ne me plaît pas, tout ce qu'on m'impose à moi.

Quelle calvaire que celui de l'engagé dans sa foi !


Il aurait était si simple que même sans aucune expérience,
l'on m'écoute et l'on se soucie de moi.


Je souffre de cette haine,
de ce piétinement sur moi-même,
j'enrage de devoir attendre indéfiniment l'exposition de mes rêves.

Mais quelle est la société pour qu'elle m'empêche d'émerger,
et de faire connaître à tous mes ambitions ?



Parce que je sais que certains n'oseront pas élever la main
dans cette fourmillière si dénonciatrice.


Pour eux, pour ma vocation, je m'éléverai
et ferai entendre une autre voix.

Pour faire naître l'espoir
et donner au monde un avenir...

...différent.
Puissante solitude

# Posté le dimanche 13 janvier 2008 18:19

Modifié le jeudi 17 janvier 2008 14:53

L'artiste écrivain

Au début, il est frustré
Car il sait, si bien cachées,
Qu'il en a des histoires, à raconter.
Et pourtant, il ne peut qu'avouer,
Qu'il est encore trop inexpérimenté,
Pour les dérouler sur le papier.
Et ce n'est pas peut dire, il a essayer,
Il en a des tas, des récits déchirés.

Un beau jour, il se lance,
Si parfaite, sa plume danse.

Et il écrit, il écrit, sans s'arrêter.
D'un trait, son oeuvre est achevée.
Puis il la relit en entier,
Et son premier regard est étonné,
Est-ce vraiment lui, si désespéré,
Qui a écrit, cet ensemble si parfait ?
Quelle drôle d'impression,
D'être impressioné par son nom !
L'amour qui l'a poussé à écrire,
Se fait soudain bien possessif.
Peur que les autres puissent le lire,
Il le cache d'un geste vif.
Parce qu'il a tant donné de son coeur
Dans l'écriture, il ne veut pas voir s'effondrer
L'espérance de tant de bonheur,
Qu'un jugement autrui pourrait saccager.

Alors, il a continuer d'accumuler,
Son trésor si bien gardé.
Un jour, il se promait de demander
Un avis, juste pour essayer...
Parce qu'il sait qu'il continuerait,
Même si le jugement dernier
Serait en train d'arriver.

Un beau jour, il se lance,
Si parfaite, sa plume danse.

Une phrase, un regard,
Un mot ou un retard.
Quelque chose est bien arrivé
A faire plus que l'encourager.
Lui donner foi en ses écrits,
La certitude qu'il y avait une place pour lui
Dans les livres qu'on lit.

Il apprend qu'il sait toucher
Que son objectif est arrivé.
Et en quelque sorte, il se sent doué
D'un pouvoir de faire pleurer,
Vibrer, amuser, ou rire.
Il se sent rester humble pitre
Qui veut juste faire vivre.

Pourtant, même si son don est révélé,
Il n'en reste pas moins très touché.
Il est toujours tremblant, dès qu'il s'agit
De mettre à la vue de tous, sa poésie.
Il se saurait détruit,
Qu'on lui dise que ceci,
N'est rien de bon.
Mais au fond,
Cela lui serait bien égal.
Dans un monde fatal,
Comme tant de génie,
Il se dirait incompris,
Ouvrant une nouvelle ère,
Pareil à son ami Molière.


Ecrivain dans l'ame,
Tu écris de ton sang
L'imagination est ta flamme
Ton oeuvre, tu la vis vraiment.


Alors peu importe les jugements,
Reste digne de cet enchantement.




Et un beau jour, il se lance,
Si parfaite, sa plume danse.


pitite dédicace à Marjo, ma première lectrice et qui a dû connaître ca aussi...
L'artiste écrivain

# Posté le mercredi 09 janvier 2008 14:59

Modifié le vendredi 11 janvier 2008 03:21